FANFARE CIOCARLIA
ROUMANIE, 11 musiciens



Leurs derniers concerts confirment l’incroyable virtuosité des 11 trublions de la Fanfare Ciocarlia et leur capacité à dépasser le mur du son. Si Boban Markovic nous laissait à peine le temps de reprendre notre souffle, ici c’est pire, une fois que la machine est lancée, elle ne s’arrête plus. Ça risque de vous piquer les oreilles puis de vous chauffer les mollets. Pas le temps de dire ouf que déjà vous êtes aspirés par le morceau d’après. Ces types-là jouent vite, très vite. Sans que la qualité d’interprétation ni l’orchestration, toujours harmonieuse, des cuivres n’en pâtissent. Le son des instruments est d’une chaleur incroyable. On tombe sous le charme de mélodies simples mais terriblement efficaces. Chaque instrument a son importance et l’on peut distinguer chacune des parties grâce à la richesse sonore de l’enregistrement.
Chaque écoute est l’occasion de découvrir de nouveaux sons. Ici, pas le temps de s’ennuyer. Sans pour autant sacrifier les influences ottomanes et balkaniques. La synthèse entre les jeunes et leurs aînés fonctionne donc parfaitement. Chacun s’accommode des influences des autres, les agite, les mixe, pour servir un cocktail au goût explosif. Le groupe mérite donc son surnom de “ fanfare la plus rapide de l’Est ”. On peut aussi bien dégainer un titre pour réveiller les danseurs les plus éreintés qu’en écouter tranquillement un autre aux influences jazz plus prononcées. En général le calme précède la tempête. Car la spécialité de ces Roumains surexcités, ce sont les changements de rythme. On commence lentement pour accélérer d’un coup, et ne plus s’arrêter. Respirez bien fort avant d’écouter. Au fin fond de la Roumanie on sait faire danser. Les trompettes virevoltent, les tubas ahanent, mais tiennent la rythmique d’un souffle de fer, puissamment épaulés par une grosse-caisse des plus toniques. La clarinette amène la légèreté indispensable. Les cuivres explosifs jouant les grands classiques rom sur des rythmes endiablés électrisent les publics. «…Ils se sont regroupés autour du nom « Fanfare Ciocarlia », et jouent comme des fous, la musique de leur sang». « Quand je raconte aux gens que je viens de Zece Prajini, c’est comme si je leur disais que je venais du bout du monde. Mais le bout du monde est l’endroit idéal pour jouer notre musique…» TRIBUNE DE GENEVE









FANFARE CIOCARLIA par runprod


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