EL TANBURA
Égypte



Basé à Port Saïd , ville entre mer et désert, construite de part et d’autre du Canal de Suez, EL TANBURA emmené par Zakaria Ibrahim, ce collectif de chanteurs, musiciens, danseurs et philosophes égyptiens s'est construit autour de la Simsimiyya, une lyre ancienne datant des Pharaons, qui aurait des propriétés extraordinaires.
Tombée en désuétude dans la deuxième partie des années 80, cantonée à un registre bassement commercial (animation de mariages…), la simsimiyya, genre qu’affectionne El Tanbura, est aujourd’hui bien vivante dans le Sinaï et au Caire grâce à cette tribu de chanteurs, percussionnistes et joueurs de simsimiyya (le nom d’une lyre à 5 cordes déjà utilisée à l’époque des pharaons) emmenée depuis 20 ans par Zakaria Ibrahim, son messie. Ensemble, ils ont su rallumer la flamme et perpétuent depuis ce répertoire ancestral d’inspiration soufie, auquel ils offrent quelques compositions personnelles comme ce «Zavy El Nhardah», écrit en 2006 à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire de la nationalisation du Canal de Suez, moment fort dans la construction de l’identité nationale égyptienne. Diversité des voix et chaleur naturelle ....
Dans les chansons d'EL TANBURA on parle d’amour, de divin et de saints, d’exploits grivois de marins. Il y est en fait question, et avec un bel entrain, de la vie et d’après la vie. L'ensemble El Tanbura (du nom de l’ancêtre de la Simsimiyya) se produit - ou plutôt se retrouve, car il est avant tout question pour eux de plaisir - dans des bars : au fil des tournées de thé, café et chichas, la musique adoucit la vie et recharge les esprits. Porté par une énergie et un lyrisme qui évoquent la force et la spiritualité du Qawwali, une autre tradition musicale d’inspiration soufie, ce groupe est incontestablement de ceux qui marqueront , de ceux dont on se rappellera à l’heure des bilans.