ZANMARI BARÉ
ILE DE LA REUNION, 5 musiciens



De son enfance, Zanmari Baré garde le souvenir précis du maloya qui déjà l’emporte. A quarante ans, aujourd’hui, ce maloya l’habite toujours, même s’il n’a toujours pas appris la musique. Car à l’adolescence, dans les années 80, Firmin Viry se grave dans les sillons de sa mémoire et Lo Rwa Kaf, l’homme musique, le fascine (ce sublime « maloyér », « rakontér » et « ralér d’pios »). Puis c’est l’écho des tambours de l’Est de l’île de la Réunion avec Gramoune Lélé en figure de proue, ainsi que l’écoute en boucle d’Alain Peters et son « mangé pou lé kér ». C’est enfin avec « Gafourn », la première K7 de Danyel Waro, que Zanmari entrevoit la longue route à parcourir pour caresser du bout des doigts la fleur du maloya. C’est pendant l’été austral 2013, qu’il peut oser enregistrer les chansons qu’il a composées et sortir dans la foulée ce premier opus « Mayok Flér ».

“Poésie fulgurante tractée par un coeur lourd branché en prise directe sur une voix hantée : Zanmari Baré dégage une puissance émotionnelle renversante que seuls les très grands possèdent.
En quatorze pistes poignantes comme arrachées directement au coeur, mêlant fonnkèr et maloya radical au son du bobre, des choeurs et des roulèrs, Zanmari esquisse un avenir pour une veine poétique de la musique traditionnelle réunionnaise un peu sous-représentée sur la scène actuelle… On cherchait encore un héritier à la hauteur de Danyèl Waro pour faire vivre et développer l’art des complaintes engagées et littéraires du maloya fonnkèr.
Cet univers à conquérir est d’abord intérieur chez Zanmari. Immédiatement sensible et fragile, sa musique se distingue des cris endiablés et des grandes chevauchées rythmiques de Waro en empruntant plutôt les chemins cahoteux et prudents de la méditation. Ce qui compte ici, c’est d’abord l’émotion, que Zanmari va chercher loin, dans le calme du dedans, dans les souvenirs et dans les angoisses, dans les tendresses et les détresses, et que sa voix ramène à la surface avec une clarté étonnante.” (François Gaertner dans L’Azenda)